« On ne pourra pas vaincre l’orpaillage illégal seulement par la répression »

Les comptoirs chinois établis sur les rives surinamiennes du Haut-Maroni assurent la logistique de l’orpaillage illégal par le ravitaillement qu’ils permettent. Seule une coopération renforcée entre le Suriname et la Guyane permettra d’endiguer cette criminalité organisée.

Pouvez-vous dresser un état de la coopération entre le Suriname et la Guyane au niveau judiciaire et policier aujourd’hui sur le Maroni ?

Joël Sollier : Ce qui est paradoxal, avec le Suriname, c’est qu’on a négocié des conventions policières et judiciaires d’entraide. Mais que, en dépit des efforts des uns et des autres, on n’arrive pas à obtenir la ratification par le Parlement surinamais de ces textes. Donc, aujourd’hui, on se trouve quasiment sans texte de coopération. C’est regrettable. Ces textes sont importants parce qu’ils permettent de réguler la relation et de travailler en confiance sur le régalien, c’est-à-dire sur ce qu’il y a de plus sensible au sein de l’État.


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Toutefois, avec le Suriname, on a une coopération plutôt pragmatique : malgré l’absence de texte, les autorités sont assez volontaires. Elles coopèrent sur des dossiers d’intérêts communs, comme les délits de droit commun. Mais moins quand leurs intérêts peuvent être menacés d’une manière ou d’une autre. Sur des dossiers de fond comme la lutte contre l’orpaillage ou le trafic de stupéfiants, on a plus de mal à établir une coopération structurée. De mon point de vue, c’est un constat en demi-teinte.

(Photo : DR.)

Quels sont les intérêts du Suriname à ne pas approfondir la coopération sur l’orpaillage illégal ?

À ma connaissance, l’orpaillage est…

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Auteur: Tristan Dereuddre

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