Paris, reportage
« Et le périph il est à qui ? Il est à nous ! », scandaient les militants et paysans, dans un nuage de fumigènes. Gilets fluorescents sur le dos, drapeaux jaunes bien en vue et banderoles à la main : aux alentours de 7 h 30, six tracteurs de la Confédération paysanne ont débarqué sur le périphérique parisien, au niveau de porte de Montreuil. Ils étaient accompagnés d’une centaine de militants de la CGT Paris, de Solidaires, des Soulèvements de la Terre et des collectifs Cancer Colère et « Agro en lutte », ainsi que de la députée insoumise de la Haute-Vienne, Manon Meunier.
Objectif : dire « stop à l’abattage total » des troupeaux de bovins dans le cadre du protocole gouvernemental de gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), ainsi qu’à l’accord Union européenne et les pays du Mercosur, dont le vote est prévu vendredi 9 janvier. Plus tard dans la matinée, sur la place de l’Étoile, deux porte-parole nationaux du syndicat, Thomas Gibert et Stéphane Galais, ont été violemment arrêtés par les forces de police.
« On se bat [aussi] pour la qualité de l’alimentation de tous »
« Nous, on a été là aux côtés du mouvement salarial, on a alimenté les piquets de grève et on a participé aux manifestations pendant la mobilisation contre la réforme des retraites, rappelle un paysan. Maintenant, on attend que la population nous rejoigne à son tour parce qu’on ne se bat pas seulement pour notre survie, mais pour celle de l’agriculture et pour la qualité de l’alimentation de toutes et tous ! »
Une parole qui résonne aux oreilles de Fleur Breteau, venue avec d’autres membres du collectif Cancer Colère : « Les paysans et les malades des pesticides ont les mêmes adversaires : les industries de l’agrobusiness qui poussent pour la loi Duplomb, la directive européenne Omnibus ou l’accord avec le Mercosur », estime la…
Auteur: Léa Guedj, NnoMan Cadoret

