Un an après les agressions commises en marge de la manifestation intersyndicale du 18 septembre 2025, six hommes comparaissent ce 10 septembre devant le tribunal judiciaire de Montpellier pour violences en réunion. Sur le banc d’en face, une des victimes est elle aussi jugée, pour un coup de poing qui n’a touché personne. À l’audience, parquet et partie civile s’accordent pour évacuer le contexte politique de cette journée. Seule la défense s’en empare, à sa manière. La police, elle, reste la grande absente des débats
À la barre, quatre visages juvéniles. Les prévenus ont à peine plus de vingt ans. Ce 18 septembre 2025, ils étaient tous vêtus de noir, comme le relève la juge, qui note qu’ils affirmaient lors de leurs auditions « s’habiller toujours en noir ». Ce matin, à l’audience, tous portent des couleurs claires.
Deux des six prévenus manquent à l’appel : Marvin, non comparant , et Hugo, parti en Australie, mais représenté par son avocat. Tous sont poursuivis pour des violences en réunion commises place des Beaux-Arts, à la terrasse du bar Le Manchester, en fin de manifestation intersyndicale. Ce jour-là, un groupe d’une cinquantaine d’hommes, certains masqués, avait déambulé pendant plus de deux heures dans le centre-ville derrière un drapeau français, multipliant invectives et agressions, sous le regard de forces de l’ordre restées largement passives.
Deux heures d’impunité avant l’agression des Beaux-Arts
Pour comprendre ce qui se joue place des Beaux-Arts, il faut remonter le fil de la journée. Ce que l’audience, précisément, ne fera pas. Il est 13 heures ce 18 septembre 2025 quand le cortège syndical, fort de 10 000 personnes selon la préfecture, se disperse sur l’esplanade Charles-de-Gaulle. À 13 h 12, un premier signalement grésille sur les ondes policières : une cinquantaine d’individus cagoulés, décrits comme des « individus au comportement identitaire…
Auteur: Elian Barascud
