Montpellier (Hérault), reportage
Barrages filtrants, lits de camp, barricades… À la faculté de sciences de Montpellier, la mobilisation lycéenne a permis d’amplifier une colère sourde qui couvait depuis plusieurs mois déjà. En cause notamment : l’ombre de TotalEnergies qui a noué un partenariat décrié avec l’université avant l’été, et mettra ses « professeurs » à disposition du master Énergie « à titre gracieux » dès cette année.
En juin, la nouvelle avait suscité un vent de panique, tant du côté des personnels que des étudiants, qui ont initié une pétition avoisinant les 3 000 signatures à ce jour. Sur le fond, les opposants à ce partenariat dénoncent une opération de « greenwashing », une entorse à l’indépendance de l’enseignement supérieur et la mainmise de TotalEnergies, sans contradictoire possible, sur les trente heures de cours qui lui seront confiées.
« Nos revendications locales, on peut les gagner dans le cadre d’un mouvement national, lâche un étudiant posté dans les gradins de l’amphi du campus Triolet, occupé depuis le 6 octobre. On ne veut pas devenir les pions de Total, ni vivre sur une planète cramée. Les lycéens nous ouvrent la voie, essayons de les suivre avec nos potentialités. »
Signé bien après les inscriptions en master, ce partenariat a mis les étudiants et les personnels au pied du mur. « Ce n’est pas un partenariat économique, c’est pour de l’enseignement. Il n’y a aucune contrepartie. Sauf qu’il s’agit d’une entreprise qui fait du profit sur la guerre et sur la destruction écologique et qu’elle vient faire sa propagande à l’université », analyse Alex, étudiant lui aussi.
Via cette occupation, les bloqueurs entendent faire pression sur la présidence pour qu’elle abroge cette convention. « Nous voulons que ce partenariat soit à nouveau soumis au vote en conseil d’administration. On espère que notre…
Auteur: David Richard, Prisca Borrel
