Ils sont commerçants, entrepreneuses, agricultrices, artisans. Et ils ont décidé de se mobiliser face à la réforme de la facturation électronique entrée en vigueur le 1er septembre (notre décryptage). « Moi je passe déjà toutes mes soirées devant mon ordinateur pour gérer tout un tas de choses administratives liées à notre profession, témoigne Anissa, éleveuse de brebis à Fégréac, une commune de Loire-Atlantique. J’aspire juste à avoir un tout petit peu de temps pour mes enfants, et certainement pas passer encore plus de temps sur l’ordinateur. »
Les professionnelles qui se mobilisent ce 28 septembre à Redon, en Bretagne, demandent notamment l’accès à une plateforme gratuite, Chorus Pro, réservée pour le moment aux administrations publiques.
La réflexion est partagée par Olivier Niol, agriculteur, qui sera au rassemblement du lundi 28 septembre à midi à Redon, en Ille-et-Vilaine (télécharger le tract). « La facturation électronique, ça va nous prendre du temps, nous donner du stress surtout. Depuis un an, j’ai ça en tête tout le temps. Je pense que l’énergie qu’on va mettre dans la facturation numérique, on ne la mettra pas pour la rentabilité de la ferme. » Les dirigeantes des petites structures sont les plus préoccupées par ce basculement, selon une enquête d’opinion d’Ifop/Cerfrance. Certaines sont tentées de mettre un terme à leur activité.
Au sein du collectif qui s’est monté à Redon figurent des traiteurs, des couvreurs, des mécaniciens, des paysans… « Ce qui m’inquiète plus, c’est au niveau de mes fournisseurs. Comme je travaille beaucoup en direct sur la région, j’ai peur des producteurs du coin qui ont des petites structures, ne soient pas équipés et que je ne puisse pas leur demander les justificatifs dont je vais avoir besoin », explique Léandre, qui habite Redon et gère un foodtruck.
Auteur: Sophie Chapelle
