Le 17 novembre marquera le 5e anniversaire du mouvement des Gilets Jaunes. D’ici là, nous publierons chaque lundi un [Novembre Jaune], collecte locale des voix plurielles qui se sont inscrites dans le mouvement. Il s’agit de sauver de l’oublie – et du mépris – cette littérature qui s’est écrite au quotidien lors du mouvement des Gilets jaunes, et de la mettre à la disposition de tous, de partir des textes pour reconstituer le nuancier qui a fait et continue de faire ce qui sera appelé une contre-culture jaune : partie non négligeable et toujours bien vivante de la pensée d’ici d’en-bas.
« On n’est pas que des bœufs » est un des textes emblématiques des Crieuses et Crieurs de rue bordelais. Écrit par Charlotte Fourrière, ce poème versifié s’apparente à une fable satirique dénonçant le mépris de la charge faite à l’encontre des femmes et des hommes ayant participé au mouvement des Gilets jaunes, et le comportement humain, parfois grégaire, du moins tenté par le consumérisme, le confort du conformisme :
« On n’est pas que des bœufs / Parce qu’on est aussi / Des vaches à lait/ Puisque pour tout ça on est prêt à payer, / Et on en redemande même. »
A partir de cette évocation du « bœuf », figure animale récurrente dans la caricature, Charlotte Fourrière va déployer un discours oscillant entre retournement des stigmates et autocritique. Je m’attacherai enfin à mettre en avant deux autres textes qui dépassent cette assignation pour revendiquer une identité collective, source de fierté et propice pour faire humanité.
« Donner un peu de sens, un peu de contenu à ce défilé souvent muet »
Lors des premières mobilisations, souvent composées de primo-manifestants peu habitués à revendiquer haut et fort, à brandir pancartes et banderoles, il apparut très vite qu’une chose fondamentale manquait : la parole.
C’est donc pour donner une voix au cortège que se sont formé.e.s les Crieuses et Crieurs de rue à…
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Auteur: dev

