La mobilisation sociale de très grande intensité qui s’est déployée sous de multiples formes ces derniers mois ne s’est pas seulement opposé à une énième contre-réforme des retraites : elle a aussi posé la question démocratique, ou plus précisément celle de la crise de la démocratie. C’est cette dimension de la séquence en cours qu’analyse ici Andrea Di Gesu, s’interrogeant en particulier sur la nature et les enjeux de cette crise mais avançant aussi des perspectives politiques pour une radicalisation, passant par l’approfondissement de cette crise jusqu’à la rendre intolérable, et ainsi faire de l’invention d’une tout autre démocratie un objectif immédiat.
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Une prémisse
Après la dernière journée de mobilisation du 6 juin, le problème de donner suite au mouvement contre la réforme des retraites se pose désormais urgemment. La perception que le mouvement s’épuise est en effet partagée. Laisser se disperser l’énorme accumulation d’expériences de lutte et d’élaborations théoriques, de réunions et de tentatives d’organisation de ces derniers mois serait une erreur dramatique.
Pour éviter son épuisement, il ne semble pourtant plus suffisant de continuer à se concentrer sur le seul objectif de retirer la réforme. Pour penser une perspective à plus long terme, capable d’ancrer le mouvement dans la durée, il faudrait repartir de la question beaucoup plus générale qu’il a réussi à poser, à savoir celle de la démocratie : de sa légitimité, et de la nécessité de repenser complètement et radicalement ses termes.
Un fait
L’utilisation du 49.3 pour approuver sans vote parlementaire la réforme des retraites voulue par Macron et son gouvernement a conduit à une radicalisation sans précédent du mouvement en cours. Plus ou moins fermement encadré par l’intersyndicale pendant des mois, il a soudain fait un saut qualitatif tant sur la forme que sur le fond.
Dans les formes :…
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Auteur: redaction

