Jean-Baptiste Bosson est glaciologue, chercheur au Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie. Il est également directeur de l’association Marge sauvage, créée en mai 2024 pour protéger les glaciers. Alors que s’ouvre aujourd’hui la première année internationale de la préservation des glaciers, il nous explique pourquoi il est crucial de tout faire pour préserver ces géants de glace.
Reporterre — Ce 21 janvier est le jour du lancement de l’année internationale de la préservation des glaciers sous l’égide de l’ONU. Quels sont les enjeux de cet évènement ?
Jean-Baptiste Bosson — Cette reconnaissance onusienne est une prise de conscience de l’importance des glaciers dans la préservation de la vie sur Terre. C’est une alarme pour sensibiliser et mettre des solutions sur la table dans un contexte d’inquiétudes internationales sur le partage de l’eau glaciaire.
C’est aussi le signe qu’on perd ces glaciers comme nous sommes en train de perdre la bataille du climat. Nous sommes dans une période charnière. Soit l’humanité réagit en mettant un coup de frein aux émissions globales, ce qui permettra de préserver une immense partie de la glace sur Terre. Soit on passe un seuil irréversible, et nous basculerons dans une Terre plus chaude. Car la glace recouvre de blanc une partie de la planète : si on perd ce blanc, la Terre sera plus foncée et se réchauffera encore plus vite [en raison de l’effet albédo.]
Comment définir un glacier disparu ?
Pour avoir un glacier en bonne santé, il faut qu’il soit en mouvement et qu’il ait une superficie minimum de glace : 0,1 km2. Il est difficile pour les satellites de voir à une échelle plus petite. Mais ce n’est pas toujours facile de décréter la mort d’un glacier. Lorsqu’ils n’ont plus de neige pour les alimenter, ils se disloquent : on passe d’une grande masse épaisse…
Auteur: Laury-Anne Cholez

