Aux confins des Ardennes, à une quinzaine de kilomètres de la frontière belge, le village de Malandry a des airs de carte postale, avec son unique rue que domine un majestueux clocher de pierres blondes. Depuis Sedan, la route départementale serpente à travers les champs et les pâturages, gravit un coteau forestier, avant de basculer dans un large vallon où se niche cette petite commune de 80 habitants. Le grand ciel bleu et les couleurs fauves du mois d’octobre parachèvent ce tableau champêtre, qui pourrait presque servir d’affiche de campagne, illustration d’une ruralité rêvée. « On ne comprend pas comment, dans un tel environnement, on peut se retrouver avec une pollution digne d’un site industriel ! », se désole la maire Annick Dufils.
Depuis le 10 juillet, ce cadre idyllique a basculé, lorsqu’un arrêté préfectoral a interdit aux habitants de Malandry de consommer l’eau du robinet. En cause : un contrôle de l’Agence régionale de santé (ARS), qui a révélé la présence importante de PFAS dans l’eau potable, à des niveaux bien supérieurs à ceux de la limite réglementaire. En tout, ce sont treize villages des alentours qui sont concernés par cette pollution, soit quelque 3 000 habitants qui ne peuvent plus boire l’eau du robinet.
« Les résultats des analyses, tels qu’ils m’ont été notifiés par les autorités, c’était de l’hébreu. Je n’avais jamais entendu parler de PFAS », explique Annick Dufils. À 69…
Auteur: Romain David

