« On revient à la situation de la naissance d’Israël en 1948 »

La guerre du Kippour a été un traumatisme immense, en quoi le choc de l’attaque du 7 octobre est-il différent ?

Michel Abitbol : Lors de la guerre du Kippour, une armée a surpris une autre armée. Cette fois, une organisation terroriste islamiste a attaqué surtout des civils et a fait un carnage : massacres, décapitations, assassinats de nourrissons, viols, enlèvements d’enfants et de vieillards… Plus d’un millier de morts. L’idéologie qui sous-tend les deux attaques est très différente. Lors du Kippour, deux pays voulaient reprendre un territoire qu’ils souhaitaient « libérer », c’était, si j’ose dire, de « bonne guerre ». Là, par idéologie islamiste, le Hamas transforme un conflit territorial en guerre de religion.

Les ennemis ciblés par le ­Hamas le 7 octobre n’étaient pas les soldats ou même les civils israéliens, c’étaient les juifs. L’idée n’est pas seulement de reprendre un territoire, c’est d’éradiquer Israël. C’est inscrit dans la charte du Hamas, qui contient tous les poncifs antisémites, depuis le protocole des sages de Sion jusqu’au hadith de la pierre et de l’arbre. Dans cette attaque, deux haines se rejoignent pour frapper Israël, la haine des juifs et la haine de l’Occident. On retrouve ici, comme lors du 11 septembre 2001 ou du Bataclan, l’objectif de détruire les valeurs occidentales avec une volonté suicidaire de tuer, de massacrer.

Comment expliquer l’impression que l’histoire se répète ?

M. A. : Des similitudes sont frappantes. D’abord, la surprise totale : l’Égypte, qui préparait l’offensive de 1973 depuis des mois, avait très bien caché son jeu, avec des escarmouches impliquant la Syrie. De même, le Hamas faisait croire à Israël que ce qui l’intéressait le plus était la situation économique à Gaza, en laissant le Djihad islamique endormir l’attention.

Ensuite, l’aveuglement du renseignement. En 1973, Israël avait un espion…

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Auteur: Recueilli par Nathalie Lacube