Le village d’Aïn Ebel, à six kilomètres de la frontière entre le Liban et Israël, est en fête. Dans l’école Saint-Joseph, des centaines d’enfants sont rassemblées sous l’œil de leurs parents. Debout sur des chaises, ils frappent des mains au son de la fanfare reprenant tout le répertoire des chants de Noël. Puis, sur la scène du théâtre, ils vont chercher des cadeaux distribués grâce au soutien de l’association l’Œuvre d’Orient. En ce samedi 21 décembre, c’est la joie qui domine. Et pour cause : elle accompagne le retour de nombreuses familles à Aïn Ebel, après quatorze mois d’une guerre qui a ravagé le sud du Liban. Sur les 1 300 habitants du village, à peine 200 y demeuraient encore jusqu’à ce jour.
Parade du Père Noël, musique, chants… leurs sourires feraient presque oublier une année marquée par une guerre qui peine encore à s’achever. Seule la présence des troupes françaises de la Finul – force intérimaire des Nations unies au Liban – en treillis dans l’établissement trahit les difficultés des villages chrétiens de la région. Depuis le 27 novembre, l’accord de cessez-le-feu a fait diminuer l’intensité des combats, permettant aux habitants de la région de rentrer chez eux.
Un an de guerre
« Le sourire sur le visage de ces jeunes, c’est ce que nous pouvons offrir de plus précieux. On revient de loin, ici la guerre a commencé depuis le 9 octobre 2023 », à la suite des hostilités déclenchées à Gaza, se réjouit sœur Maya Beaino, religieuse de la congrégation des Sœurs des Saints-Cœurs, qui tiennent les établissements scolaires d’Aïn Ebel depuis près de cent cinquante ans. Restée seule dans son couvent, la religieuse au visage rond et à l’air jovial se démène pour maintenir de la vie dans le village.
Après un an de bombardements réguliers, la guerre s’est soudain faite plus intense à la fin du mois de septembre, avec l’invasion terrestre du…
Auteur: Matthieu Lasserre, envoyé spécial à Aïn Ebel (Liban)

