Toulouse (Haute-Garonne), reportage
« La question n’est pas de savoir s’il y aura un incident mais plutôt de savoir quand. » Sur les hauteurs de Pech-David, un quartier du sud de Toulouse, Jérôme Favrel ne décolère pas. Fin 2024, le président du comité de quartier Croix-de-Pierre a appris le projet d’installation de l’entreprise de paracétamol Ipsophène sur le site d’une autre usine, celle d’ArianeGroup.
Du haut de la colline, qui surplombe l’île d’Empalot, l’ingénieur pointe son doigt vers le site industriel en bordure de Garonne : « Ici, c’est le four d’ArianeGroup, et juste à côté, ce grand bâtiment va accueillir l’entreprise Ipsophène. Et vous voyez, à quelques mètres de là, de l’autre côté de la Garonne, on voit le mémorial d’AZF. C’est un symbole terrible qu’ici, à l’endroit de la pire catastrophe industrielle de France, on vienne porter un coup de poignard à tout ce qui avait été fait en matière de régulation des risques industriels », dit-il devant la grande cheminée du site.
En apprenant la nouvelle, plusieurs comités de quartier de la ville et des associations se sont rapidement réunis au sein d’un collectif Stop nouveau Seveso Toulouse.
La mairie a décliné la demande d’interview et la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), Ipsophène ainsi qu’ArianeGroup n’ont pas répondu à nos sollicitations.
Produire 4 000 tonnes de paracétamol par an
Le 21 septembre 2001, l’explosion d’AZF, une usine d’engrais azotés, avait provoqué la mort de 31 personnes. L’onde de choc avait soufflé des quartiers entiers, blessant des milliers de personnes et traumatisant une grande partie de la population. La catastrophe avait contraint les politiques de l’époque à revoir le cadre réglementaire de ce type d’usines et à lancer des réflexions globales sur les risques industriels en France.
Auteur: Justin Carrette

