« On soutient les agriculteurs en cas de difficultés » : les Amap, un modèle de résilience face au chaos climatique

Montpellier (Hérault), reportage

Cabas vert sur l’épaule, Lo déambule entre les cagettes de salades, d’aubergines et de patates douces. Elle décoche un sourire à Sébastien, le maraîcher, avant de saisir avec gourmandise un pain doré aux blés anciens. « Le circuit court est le moyen le plus efficace de soutenir les paysans, affirme-t-elle. Avec le changement climatique, c’est le système le plus robuste. »

Comme quelque 200 autres adhérents, la sexagénaire fait partie de l’Amap des Beaux-Arts, une Association pour le maintien de l’agriculture paysanne située à Montpellier. Chaque semaine, des producteurs livrent légumes, œufs, pain et fromage sur l’esplanade de la musique, en plein cœur de ville ; en échange, les consommateurs — appelés amapiens — payent à l’avance les produits, comme un abonnement.

Une organisation plébiscitée par Sébastien Soufflet, qui a cocréé l’Amap en 2009 avec une poignée d’habitants : « Sans ça, je ne me serais pas installé, dit-il. Ça sécurise énormément. » Comme les amapiens s’engagent sur un contrat d’un an, pour un panier de légumes par semaine, l’agriculteur n’est pas soumis aux pressions de la grande distribution… Et il vit plus sereinement les chaos climatiques.

« Avec les canicules, j’ai de plus en plus de mal à produire des tomates tout l’été, ça s’amenuise dès fin juillet, dit-il. Dans les paniers, j’ai remplacé avec des courges, des potimarrons à faire en galettes… » Une production plutôt considérée comme automnale, qu’il aurait difficilement écoulée sur les marchés ou dans d’autres circuits de commercialisation.

« La solidarité producteurs-mangeurs est essentielle »

En Amap, les consommateurs se montrent plus compréhensifs : « Ça fait partie du jeu, on soutient les agriculteurs en cas de difficultés, estime Ophélie, entourée d’effluves de basilic. Et puis ça amène de la réalité dans…

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Auteur: Lorène Lavocat