La ministre Annie Genevard voulait faire de ce texte une « loi de réconciliation ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’objectif est raté. Après dix jours de débats houleux et quelque 2 000 amendements, les députés vont adopter, mardi 2 juin, une première version du projet de loi dit « d’urgence agricole ». Un texte « attendu » par la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire et productiviste, mais jugé « catastrophique » par une partie du monde agricole.
Après la loi d’orientation agricole et la loi Duplomb, « c’est le troisième texte en un an qui nous conduit dans la même impasse productiviste », remarque Mathieu Courgeau, éleveur et président du Collectif Nourrir. Un avis partagé par Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne : « Quand les politiques vont-ils prendre conscience qu’on va crever avec ce modèle ? » interroge-t-il, dépité.
Pour les deux éleveurs, « le texte ne répond pas du tout aux problématiques des paysans » qui peinent à tirer un revenu décent de leur activité et à transmettre leur ferme. « Il crée de la division plutôt qu’il ne résout des problèmes », selon Mathieu Courgeau.
À l’inverse, les mesures adoptées vont en effet bénéficier à « une minorité », qui irrigue, déploie des élevages industriels et vend à l’étranger. « Il y a une vraie lutte des classes au sein du monde paysan, analyse Stéphane Galais. Aux manettes du monde agricole, on a une oligarchie prédatrice, dont le principal souci est de maintenir l’exportation et les parts de marché. »
Irrigation, élevage, loup… Reporterre revient sur les principales mesures du projet de loi.
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Auteur: Lorène Lavocat

