Des dizaines d’adolescentes et d’adolescents courent sur le terrain semi-couvert de Marcoussis (Essonne), au centre d’entraînement national de la Fédération française de rugby. Échauffements, mêlées, jeux au pied, plaquages, c’est une première pour ces enfants.
À 13 h, le coup de sifflet retentit. C’est le début des matchs. Chaque équipe porte fièrement le maillot de sa ville ou le nom de son quartier, dessiné au feutre sur des t-shirts. « Je ne connaissais pas du tout le rugby il y a quelques semaines. Je pensais que les règles étaient trop compliquées. Finalement, non », dit timidement Julie, neuf ans, joueuse de l’équipe niçoise.
Après un essai, Samira cherche l’approbation de son entraîneur. « J’adore ce sport, j’aime surtout l’esprit d’équipe », jubile la jeune fille. La réputation de sport brutal du rugby a longtemps été un frein pour filles. Mais le cliché qui commence doucement à s’estomper. « C’est aussi de la technique et il faut courir vite. Je cours plus rapidement que certains garçons », lance Lucie, 11 ans.
Des équipes mixtes
Vendredi 27 octobre, c’était le jour de la finale du Tournoi nationale des quartiers, créé par le comité d’organisation de la Coupe du monde de rugby 2023. L’événement a réuni cette année 6000 jeunes âgés de 8 à 14 ans, tous issus des quartiers prioritaires entourant les neuf villes françaises hôtes de la compétition internationale.
Toute la journée, deux poules s’affrontent, l’équipe gagnante de cette finale des quartiers sera celle qui aura le plus de victoires au compteur. Les équipes sont mixtes. De nombreuses filles participent à ce tournoi. Elles représentent un peu plus d’un tiers des effectifs. L’effet Coupe du monde est ici indéniable, tout comme le nombre croissant de femmes et de filles qui pratiquent ce sport. Entre 2019 et 2021, le nombre de jeunes filles âgées de 5 à 12 ans inscrites dans les écoles de rugby a…
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Auteur: Paul Boyer

