Bons-en-Chablais (Haute-Savoie), reportage
Ils sont perchés depuis quelques jours à plusieurs mètres de hauteur dans deux chênes centenaires. Au moins trois « écureuils » se sont installés pour défendre la forêt contre le chantier de l’A412, en Haute-Savoie, un projet de tronçon de route payante de 16,5 kilomètres entre Machilly et Thonon-les-Bains, pour relier la vallée, frontalière de la Suisse, à la ville de Genève. Les écureuils se sont installés sur le tracé du projet, au cœur d’un bois de chênes, de sapins et de frênes encore préservé, alors que depuis début septembre, le déboisement avance à toute vitesse.
Parmi eux, deux écureuils de l’A69, Ben, membre du Groupe national de surveillance des arbres (GNSA), fondé par le militant Thomas Brail, et Mapuche, un « vétéran », qui dit avoir fait l’écureuil sur de nombreuses luttes en France — sur l’A69 et Notre-Dame-des-Landes — et dans le monde entier. « On n’est pas là pour faire de la politique, on veut protéger la nature ! » lance Ben depuis son arbre.
Perchés avec Ben et Mapuche, Seb, apiculteur et accompagnateur en montagne, est arrivé de la vallée voisine. C’est la première fois qu’il se lance dans une telle opération. « Je n’avais pas eu le temps de m’impliquer jusque-là, je voulais faire quelque chose », explique-t-il à Reporterre.
Au pied des deux chênes occupés, dans un pré situé dans le périmètre du tracé de l’A412, de nombreux militants sont venus apporter un soutien moral et matériel aux écureuils. Plusieurs ont passé la nuit sur place, dans des tentes et des caravanes, et ont été contrôlés par les gendarmes au petit matin.
« On va rester aussi longtemps que possible », lance un jeune homme venu de Lyon. La solidarité s’est vite organisée parmi les militants : un homme retraité arrive avec un grand sac contenant des viennoiseries et des gâteaux et un grand thermos de café. Une…
Auteur: Raphaëlle Lavorel
