On veut être reconnus comme des mineurs !


700 mineurs non accompagnés n’ont toujours pas de solution de logement. Après avoir passé deux mois dans une ancienne école du 16e arrondissement de Paris, pris en charge par des associations non mandatées, ils ont tenté une action coup de poing devant le Conseil d’État, le 20 juin. Soumaïla, 16 ans, est de nouveau à la rue.


Une violence. Une de plus. Ce soir du 20 juin, après que l’on a installé les tentes et que l’on s’est mis dedans, les policiers ont débarqué. Ils ont encerclé la place, faisant pression et commençant à s’en prendre aux bénévoles qui nous protégeaient. Ils en ont plaqué certains contre des camions, les matraquant puis les gazant, juste devant moi. Une fois tous les bénévoles écartés, ils se sont mis à marcher sur nos tentes, à nous sortir par les pieds et à nous traîner au sol. Jamais nous n’avons répliqué à leurs coups car c’est cette brutalité que l’on fuit, que l’on a fuie en venant en France.

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Nigériens, Sénégalais, Guinéens, tous exilés, on la connaît trop, cette violence. Au moment de quitter la Côte d’Ivoire, il y a quatre mois, mon unique raison pour partir était la suivante : échapper aux menaces de ma propre famille. Quand mon père est mort, mon oncle a pris le pouvoir dans la maison et tout était prétexte à ce qu’il me batte. Quoi que je lui demande, je prenais ses poings. Je voulais être scolarisé ? Il me battait. Voilà ce qui m’a décidé à partir. J’ai traversé le Mali, l’Algérie, la Tunisie, l’Italie pour enfin arriver en France. Mais là encore, tout était violence. Je ne peux pas vous dire ce que j’ai vu pendant le voyage, je ne veux pas me rappeler les détails. La vérité,…

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