« On veut garantir la sécurité des femmes par les femmes » : une maison refuge pour les mineures isolées

Le jardin de la Women’s House est petit mais convivial, quelques chaises dépareillées autour d’une table d’extérieur. Cris de joie, casseroles qui claquent et clips musicaux résonnent en arrière-plan tandis que les coordinatrices présentent l’initiative.

« On veut garantir la sécurité des femmes par les femmes », déclare Kim, 25 ans et coordinatrice de la Women’s House depuis son ouverture il y a un mois et demi. « Ici ce n’est pas comme un foyer, il n’y a pas de veilleurs de nuit », justifie Clem. « C’est juste une maison, et donc ça peut rapidement être synonyme de danger. » Avant d’être coordinatrice dans ce refuge en non-mixité, Clem était en stage d’éducatrice de rue. « C’est mon premier taf en tant que responsable de maison », avoue-t-elle.

Aujourd’hui, Utopia 56 loue quatre maisons protectrices de mineurs isolés en région parisienne. Entre les loyers et les salaires des coordinateurs, chaque ouverture coûte 120 000 euros par an, et l’association décrit ces lieux comme des sas de décompression pour les jeunes, trop souvent laissés à la rue le temps de leurs démarches de reconnaissance de minorité devant le juge des enfants. Une manière de lutter contre l’invisibilisation du parcours migratoire subi par les mineurs, et contre le manque de prise en charge adaptée à leur arrivée en France.

La non-mixité, un mécanisme de protection

La Women’s House, dont la capacité maximale est de dix places, est la seule maison accueillant des jeunes filles. Pour cause : la majorité des mineurs non-accompagnés quittant leur pays sont des garçons. « Le trajet migratoire est plus dangereux et compliqué pour les filles », avance Kim. « Et il y a moins de filles dans la rue car étant plus vulnérables, elles sont prises en charge plus souvent. »

Les filles vivant à la Women’s House ont entre 16 et 17 ans et demi. Elles viennent de Côte d’Ivoire, mais aussi de Guinée, de la République démocratique du Congo et du Nigéria. Jour et nuit, il y a toujours une surveillante présente à la Women’s House, que ce soit une coordinatrice ou une bénévole Utopia 56. « Ce sont toujours des femmes », affirme Clem, pointant du doigt le petit chat blanc qui erre dans le jardin. « Même Mimo, la mascotte de la maison, est une fille ! » En plus de certaines règles de vie, comme la non-divulgation de l’adresse de la Women’s House, la non-mixité établie dans la maison est une manière de protéger les filles qui y vivent.

Parce que c’est une maison pour les femmes…

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Auteur: Emilie Rappeneau