« On veut le bac, pas la BAC » : nos lycéens ne demandent pas l’aumône, ils veulent être citoyens

Jeudi 1er octobre, à Nantes, le lycée Nelson-Mandela a pris feu. Un feu de poubelles, allumé selon les premiers témoignages par un groupe extérieur à l’établissement, s’est propagé au bâtiment. Le même jour, à Lille, une lycéenne brandissait une pancarte : « On veut le bac, pas la BAC. »

Deux images d’une même journée. Elles disent deux choses différentes. Il faut se garder de les confondre.

Ne pas confondre la colère et la casse

Depuis la mi-septembre, des centaines d’établissements secondaires connaissent blocages ou rassemblements. Que réclament ces lycéens ? Des professeurs devant les classes. Des bâtiments dignes. Des classes moins surchargées. Moins d’angoisse face à Parcoursup. Rien qui ressemble à un caprice : c’est la demande d’un service public qui fonctionne.

Ceux qui incendient un lycée ne défendent pas l’école. Ils la détruisent, et ils doivent répondre de leurs actes. Mais si l’on ne voit dans cette jeunesse que des casseurs, on commet deux erreurs. On insulte l’immense majorité qui manifeste pour pouvoir apprendre. Et on s’interdit de comprendre pourquoi une minorité bascule.

Ce que voient nos enfants

Face à ces images, deux réflexes s’affrontent. Les uns veulent punir, les autres veulent apaiser à coups de mesures et de crédits. Les deux passent à côté de l’essentiel : aucune somme d’argent n’a jamais fait tenir une société. Ce qui la fait tenir, c’est le sentiment, chez chacun, d’en faire partie.

Posons plutôt la vraie question : que voit un lycéen de 2026 quand il regarde autour de lui ?

Il voit ses parents compter. Les courses, le plein, le loyer, les fins de mois qui commencent le 15. En France, plus d’un mineur sur cinq vit sous le seuil de pauvreté : 22,4 % en 2024 selon l’Insee, soit près de 2,9 millions d’enfants. Ces enfants-là sont aujourd’hui dans nos lycées.

Il voit que le travail ne protège plus….

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