Dans ce territoire à cheval entre les Ardennes et la Meuse, confronté à une pollution majeure aux PFAS — des composés toxiques et persistants — c’est une revendication qui est toujours restée lettre morte. Alors, le 9 juin, plus de 400 habitants, associés à sept collectivités, ont saisi le tribunal administratif de Strasbourg pour contraindre l’État à réaliser ce qu’ils demandent depuis des mois : une étude épidémiologique. Une démarche qui « permettra de caractériser l’ampleur du risque […] et de protéger effectivement la population », affirme la requête en référé, que Reporterre a pu consulter en exclusivité.
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En juillet 2025, 3 500 habitants, répartis dans seize communes des deux départements, se sont vus privés d’eau du robinet en raison d’une contamination hors normes aux « polluants éternels ». « Cela fait un an que les habitants sont inquiets pour leur santé, qu’ils ne savent pas l’impact que la consommation de cette eau pendant des décennies a pu avoir sur leur corps, sur les enfants », retrace Laure Abramowitch, l’avocate des requérants.
« Saisir la justice pour se faire entendre »
À l’origine de la contamination : l’épandage de boues industrielles sur les champs locaux, qui a disséminé des PFAS jusque dans les terres agricoles et les denrées alimentaires. Cette action juridique vient s’ajouter à de multiples plaintes déjà déposées à la suite de révélations publiées en février par les médias Disclose et France 3, en partenariat avec Reporterre.
« La gravité exceptionnelle de la contamination aux PFAS […] est désormais amplement documentée », argue Me Abramowitch dans le référé. Pourtant, les autorités sanitaires se sont toujours refusées à mettre en place une étude épidémiologique, au motif que l’échantillon de population serait…
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