Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime), reportage
L’accident ? « On n’y pense pas, on vit avec, on n’a pas le choix », déclare sans ambages Xavier Bulet, croisé au milieu des maisons de l’ancienne cité ouvrière des Côtes-Blanches à Gonfreville-l’Orcher, près du Havre, où il habite avec sa femme, Marie-Jo.
Pourtant, depuis la rue à flanc de falaise, difficile d’ignorer la présence des installations de la raffinerie TotalEnergies — la plus grande de France —, dont les tours et les tuyauteries fumantes se dressent à 500 m à peine des maisons, et dont le ronronnement lancinant a fini par être oublié des riverains.
Le 26 juin, aux alentours de 14 h 45, alors que la France suffoquait sous la plus chaude canicule de son histoire, les trois torchères de l’immense usine se sont mises à rugir, crachant pendant environ une heure des gerbes de flammes entourées par un inquiétant panache noir. « C’est surtout le bruit qui fait peur », précise Christine Caron, une habitante du quartier, rencontrée alors qu’elle promenait son chien.
Même si les riverains sont habitués à ces épisodes, qui se produisent une à deux fois par an dans le cadre d’incidents ou de redémarrages d’unités, la cause de l’événement du 26 juin est cependant inédite. Ce jour-là, à 14 h 21, un problème sur un transformateur électrique a totalement privé d’alimentation électrique la raffinerie, contraignant les salariés à brûler la totalité de la production dans les torchères pour éviter un accident grave après que tous les autres systèmes de sécurité prévus ont échoué. Cette manœuvre a permis d’éviter la montée en pression de certaines parties de l’usine, qui auraient notamment pu causer des incendies.
Selon Enedis, cité par le Courrier cauchois, cette coupure serait due à « une panne souterraine, certainement liée à la canicule. L’alimentation électrique a pu être rétablie grâce…
Auteur: Émilie Sfez, Guénolé Carré

