Organisé à l’initiative du président de la République dans le cadre de la présidence française du G7, le sommet « One Health » s’est ouvert le 5 avril à Lyon. Son ambition affichée ? Reconnaître que la santé humaine est indissociable de celle des animaux et des écosystèmes, et faire de cette approche « une boussole pour l’élaboration de nos politiques publiques ».
Cette vision holistique, qui place la santé planétaire au cœur de l’action politique, est louable. Pourtant, en France comme en Europe, les décisions publiques contredisent frontalement ces objectifs. Scandales sanitaires, blocage de mesures pour une alimentation plus saine, reculs environnementaux répétés : l’État semble de plus en plus négliger son rôle fondamental de protecteur de la santé publique et de l’environnement. C’est ce que nous disons en substance dans une tribune parue ce week-endet à lire sur le site de Libération.
Un devoir constitutionnel bafoué
Ce rôle de protecteur est pourtant inscrit au plus haut niveau de notre hiérarchie des normes. La Charte de l’environnement de 2004, intégrée à la Constitution, rappelle que « l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel » et affirme le droit de chacun à vivre dans un environnement respectueux de sa santé.
L’écart entre ces principes et la réalité est aujourd’hui criant. D’un côté, les alertes scientifiques s’accumulent : explosion des maladies chroniques et des cancers, contamination généralisée de nos milieux par des substances chimiques toxiques, multiplication des événements climatiques extrêmes. De l’autre, les pouvoirs publics retardent, affaiblissent ou suppriment les mesures de protection et les agences chargées de les mettre en œuvre, comme Santé Publique France ou l’Office Français de la Biodiversité.
L’influence des lobbies et les reculs législatifs
Cette contradiction trouve en…
Auteur: nadine

