Cette série d’articles consacrée au mouvement zapatiste interroge ses contributions philosophico-politiques aux recherches-actions écologiques et critiques de la Modernité capitaliste et de l’Etat, et pour la résolution collective des crises ecosystemiques.
A la suite des inspirations politiques de l’autonomie rebelle, nous allons donc introduire la dimension ontologique de la lutte zapatiste et ébaucher quelques-unes des inspirations philosophiques qui émergent depuis les conceptions et expérimentations de la rébellion zapatiste.
L’épisode précédent est lisible par ici.
« Sur la planète entière, naissent et croissent des rébellions qui se refusent à accepter les limites des modèles, des règles, des lois et des préceptes. Parce que les genres ne sont pas seulement deux, ni sept les couleurs, ni quatre les points cardinaux, ni un le monde. »
Sous commandant Marcos, 9 aout 2018.
En 2020, au travers de la voix du sous-commandant insurgé Moisés, chef militaire et porte-parole du CCRI-CG de l’EZLN depuis 2014, les zapatistes annoncent l’organisation d’un voyage intercontinental « pour la vie », dont la première destination est le continent européen. Le « Voyage pour la vie », qui prévoit de « parcourir le monde » pour rencontrer les multiples mondes qui le composent, est un évènement inédit dans l’histoire du mouvement zapatiste.
Les « mondes » auxquels se réfère la parole zapatiste correspondent à l’étendue des multiples différences – notamment de conception et d’expérimentation de la vie terrestre – intrinsèques à la composition planétaire. Ces différences, multiples et diverses au sein de la bio-communauté et des « mondes » qui peuplent la Terre, menacées par l’uniformisation des subjectivités et la globalisation capitaliste, sont les richesses de la diversité terrestre, celles à partir desquelles la vie sur Terre acquière une préciosité qui anime la lutte.
Pour…
Auteur: dev

