Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde vendredi 30 janvier contre un « effondrement financier imminent » de l’organisation, dans un courrier aux États membres. L’institution a « déjà surmonté » des périodes délicates sur le plan financier, « mais la situation actuelle est radicalement différente », estime Antonio Guterres.
En cause, les « décisions » de pays – qu’il ne cite pas- « de ne pas honorer des contributions obligatoires finançant une part significative du budget ordinaire approuvé ». Hostiles au multilatéralisme défendu par les Nations unies, les États-Unis, notamment, ont ces derniers mois refusé d’honorer ou retardé certains paiements obligatoires et réduit leurs financements à certaines agences onusiennes.
Le président américain, Donald Trump, a par ailleurs lancé en janvier son « Conseil de paix » destiné, selon ses détracteurs, à devenir une organisation rivale de l’ONU.
Bien que plus de 150 États membres aient versé leur dû, les Nations unies ont terminé l’année 2025 avec 1,6 milliard de dollars de cotisations impayées, soit plus du double de 2024.
Remise en cause du budget 2026
Et l’institution est confrontée à un « problème connexe » affectant plus encore sa trésorerie : elle doit rembourser aux États membres les dépenses non engagées, a expliqué lors d’un point presse Farhan Haq, l’un des porte-parole du chef de l’organisation. « Nous sommes pris dans un cycle kafkaïen : on attend de nous que nous rendions de l’argent qui n’existe pas », a commenté Antonio Guterres.
Ces trous obligent régulièrement l’organisation à geler des embauches, retarder des payements ou couper dans ses missions. Mais, pour le chef de l’ONU, ce n’est plus suffisant.
Il craint de ne pas pouvoir « exécuter intégralement le budget-programme 2026 approuvé en décembre ». « Pire encore, (…) les…
Auteur: La Croix (avec AFP)

