C’était cet été, en pleine canicule et au cœur d’une sècheresse dramatique. Le Sénat votait la loi d’urgence agricole. Non sans l’avoir alourdie de mesures favorisant la destruction des zones humides (remparts contre le manque d’eau), les mégabassines, la possibilité de ne pas suivre les études scientifiques sur la ressource en eau, le retour de deux pesticides…
En ouverture des débats, le sénateur Laurent Duplomb, rapporteur du texte, se permettait même une saillie climatosceptique. « George Sand, en juin 1870, écrivait que sous des températures de 45 degrés, toute végétation avait disparu », disait-il, sous-entendant que les chaleurs de l’été seraient le fruit d’une variabilité historique plutôt que du changement climatique.
Une affirmation fausse, mais qui donne une idée de la façon dont les questions écologiques sont traitées par le Sénat, en particulier ces deux dernières années.
Les élections sénatoriales vont renouveler la moitié des sièges de la haute assemblée dimanche 27 septembre, via le vote de près de 94 000 grands électeurs. Un scrutin qui sera crucial pour l’écologie. Il pourrait renforcer la présence du RN, et consacrer la domination de la majorité de droite, qui a un bilan ravageur sur les questions écologiques. Si le Sénat était connu comme conservateur, il y règne désormais un parfum de trumpisme.
« Aujourd’hui, dès que ça vient de l’opposition, rien n’est retenu, rien n’est débattu »
Les différents acteurs interrogés par Reporterre peinent à situer ce basculement. Mais ils s’entendent sur le fait « qu’avant, même si on savait que le Sénat était conservateur, si on arrivait avec des arguments et des retours de terrain, on pouvait discuter, dit Morgane Piederrière, responsable du plaidoyer à France Nature Environnement. Désormais, on fait face à des positions de principe relevant de l’écolobashing. »
« Désormais, tous les…
Auteur: Fanny Marlier, Marie Astier
