Opération Wuambushu : sécuriser la colonie

Par cette opération, l’exécutif souhaite mettre en scène et médiatiser une « reprise en main » (la traduction de Wuambushu en mahorais) sur des thèmes sécuritaires qui lui permettent de courtiser l’électorat de droite et d’extrême-droite en France. Mais la réalité à Mayotte est évidemment infiniment plus complexe et ne peut être appréhendée qu’au regard de l’histoire coloniale qui lie l’archipel des Comores à la France.

Un détour par l’histoire

Habité d’abord par des peuples bantous swahili, sakalaves malgaches et des communautés perses, l’archipel des Comores mêle tradition musulmane et coutumes africaines. A la chute de Constantinople, le commerce orient-occident est redirigé vers le canal du Mozambique et les sultanats locaux, qui pratiquent et s’enrichissent de l’esclavage, prospèrent en se partageant l’autorité sur l’archipel.

Les Britanniques, les Français et les Portugais s’installent progressivement dans la région devenue stratégique. C’est dans la décennie 1830 que l’histoire de Mayotte se scelle. Vaincu à Madagascar, le roi sakalave de Boina, Tsi Levalou, se réfugie sur l’île où il accède ensuite au pouvoir. Menacé par les sultanats de Mohéli et d’Anjouan et isolé par rapport à Madagascar, le sultan se tourne alors vers la France et, en 1841 vend sa souveraineté sur l’île pour des profits personnels. Le régime français rattache Mayotte à sa colonie de Madagascar jusqu’en 1946. Dans ce laps de temps, les autres îles comoriennes ont rejoint « l’empire colonial ».

A l’issue du référendum de 1974 (réitéré en 1976) qui entérine l’indépendance des Comores, la France se maintient à Mayotte au prétexte que les Mahorais ont voté contre l’indépendance. Cette lecture du référendum île par île est condamnée par des résolutions des Nations-Unies. Mayotte accède au statut provisoire de « Collectivité territoriale » avec un conseil général…

La suite est à lire sur: france.attac.org
Auteur: Marie Bazin, Marie Beyer

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