Je l’ai finalement vu avec des amis et sans surprise la qualité n’était pas au rendez-vous. Au moins le film est assez rythmé pour pouvoir faire passer sans problème les 3h de durée. Le premier problème vient de la révolution cinématographique tant attendue si l’on devait en croire son réalisateur n’est qu’un condensé de tous les clichés du biopic, y compris les scènes de sexes qui n’ont aucune utilité dans l’intrigue. Pour rendre le personnage plus trouble on lui invente des méfaits (ici empoisonner la pomme de son professeur) afin de laisser douter de sa mégalomanie dans la création d’une arme pouvant détruire l’humanité (plus pratique que de dire qu’il n’a été qu’un instrument certes génial d’une situation plus complexe, lié au développement du capitalisme et aux affrontements géopolitiques). Lorsqu’on voit le personnage en mauvaise posture, on voit le sol trembler comme sous une explosion nucléaire pour montrer le trouble du personnage. Même le découpage avec des flash-back et de retour au présent du film est d’un déjà vu.
Cependant, le plus décevant c’est qu’Oppenheimer n’est pas un film sur la peur de la bombe nucléaire. On ne voit jamais ses effets, on se contente de les décrire. Histoire que le spectateur ait quand même peur, le réalisateur est obligé de montrer une scène où le savant imagine les conséquences de l’explosion, mais les conséquences dans la réalité on ne les voit pas. Qui a vu les images d’archives ou tout simplement la fameuse scène du film d’animation Gen d’Hiroshima sait à quel point la réalité est effroyable. Mais on n’en saura rien avec Nolan. Scène caractéristique, on voit Oppenheimer à une vidéo projection montrant les victimes d’Hiroshima et de Nagasaki. Ce que l’on voit, nous spectateurs, ce n’est pas les images du drame. Non, ce que l’on voit, c’est Oppenheimer regardant les images. Cela n’a pas le même impact. Ici c’est…
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Auteur: Jacques FRANJU

