Samedi 14 octobre, ils étaient quelques centaines de personnes à défiler dans les rues de Paris, dans une grande marche « pour l’Amazonie ». Parmi les délégations autochtones présentes sur place, celle de Guyane française, représentée par Linia Opoya, présidente de l’association des victimes du mercure dans le Haut-Maroni. Depuis plusieurs années, la native du village Amérindien Wayana de Taluen a fait de la lutte contre l’orpaillage illégal son cheval de bataille. « La situation ne change pas, c’est toujours la même chose ! », s’exclame-t-elle, micro en main, devant les manifestants. Pourtant, avec l’appui de plusieurs associations, elle est sur le point de matérialiser le combat de sa vie par une procédure judiciaire concrète.
Aux côtés d’une coalition d’associations – composée de Wild Legal, la Coordination des organisations des peuples autochtones de Guyane (COPAG), la Jeunesse autochtone de Guyane (JAG), Maiouri Nature Guyane et Solidarité Guyane) –, elle a engagé lundi 16 octobre une action en justice contre l’État français pour « dénoncer ses défaillances en matière de lutte contre l’orpaillage illégal » en Guyane et en matière de « protection des droits humains et de la nature ».
Faire reconnaître les droits de la nature
Pour Marine Calmet, présidente de Wild Legal, « face à la carence fautive de l’État, nous voulons que le juge saisisse l’opportunité de notre recours pour constater explicitement l’existence des droits de la nature [ici du fleuve Maroni, N.D.L.R.] qui sont ici bafoués », explique-t-elle. Si elle souhaite faire reconnaître les droits en question, c’est parce qu’un exemple de jurisprudence a abouti à des mesures concrètes : « On cherche à s’appuyer sur ce qu’il s’est passé en Colombie, dans l’affaire du fleuve Atrato. Suite à un recours porté par une association, la Cour constitutionnelle a…
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Auteur: Tristan Dereuddre

