Dès sa création, Attac s’est inscrite dans un mouvement plus large : l’altermondialisme. Vingt-cinq ans plus tard, il est utile de revenir sur les raisons de l’émergence de ce mouvement, sur ses apports, mais aussi sur les transformations qui ont marqué les mobilisations populaires.
Le dernier quart du vingtième siècle a vu le monde connaître une série de transformations profondes. Face à l’épuisement du modèle de développement des décennies qui ont suivi la deuxième guerre mondiale, le patronat et les gouvernements des pays dominants se sont convertis au néolibéralisme, se sont engagés dans une restructuration de l’appareil productif et ont initiés une nouvelle phase de mondialisation économique et financière.
L’effondrement de l’Union soviétique et des régimes qui lui étaient attachés et l’intégration de la Chine dans les circuits de production des grandes firmes multinationales ont parachevé l’extension de la mondialisation néolibérale à la planète entière. Une mondialisation qui a bénéficié du développement des technologies numériques et dont les défenseurs ne cessaient d’en vanter les mérites, allant jusqu’à prétendre que la « New Economy » en avait fini avec les crises et que s’ouvrirait une période de prospérité pour tous !
Dans ce contexte, et devant l’évidence que la mondialisation néolibérale était un facteur d’accroissement des inégalités, de dégradations grandissantes de l’environnement et d’atteintes à la démocratie, sont apparues de nouveaux thèmes et de nouvelles formes de mobilisation. Le 1er janvier 1994 les zapatistes du Chiapas se sont soulevés contre l’accord de libre-échange d’Amérique du nord. Au même moment des mobilisations internationales ont été lancées pour exiger l’annulation des dettes des pays du sud, ou pour contester les plans d’ajustement que le FMI et la Banque mondiale imposaient aux pays pauvres.
La crise des monnaies asiatiques de 1997 a été la première…
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Auteur: Christophe Aguiton

