Où ira la mémoire du vivant ? Les musées ruraux en sursis

Cet été, plusieurs musées resteront fermés au public. Dans l’Aveyron, le département a cessé d’en exploiter deux dont il avait la gestion : le musée départemental des arts et métiers traditionnels de Salles-la-Source et le musée départemental des mœurs et coutumes d’Espalion, arguant d’une fréquentation « contenue et peu évolutive » et de muséographies « désuètes ».

Dans le département du Lot, c’est l’écomusée de Cuzals, ouvert en 1985 sous une forme associative, puis repris par le département, qui est « temporairement fermé » depuis 2023 « pour mener des travaux », sans perspective claire de réouverture à ce jour. Dans l’Oise, le musée de la vie agricole et rurale d’Hétomesnil a fermé à l’automne 2025. C’est la vente par la communauté de communes de la Picardie verte du bâtiment qui accueillait ce musée associatif depuis 1988 qui a précipité sa fermeture. En Alsace, l’écomusée d’Ungersheim cherche 1,5 million d’euros pour se stabiliser…

« C’est un phénomène national : le contexte est compliqué », déclare Marie Pottecher, directrice de la Fédération des écomusées et musées de société (FEMS). Cette dernière réunit près de 200 établissements, allant « de la petite structure associative fonctionnant avec quelques bénévoles au Mucem [le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, ouvert en 2013 à Marseille et qui accueille plus d’un million de visiteurs par an] ». La directrice reprend : « Les difficultés touchent les structures les plus fragiles, les écomusées associatifs sont les premiers concernés. »

Les dernières fermetures en date, elles, témoignent du fait que ce sont aussi des musées gérés par des collectivités territoriales qui mettent la clé sous la porte. La FEMS ne détient pas de chiffres permettant de quantifier le phénomène avec exactitude. Elle recense toutefois parmi ses membres au moins…

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Auteur: Hélène Ferrarini