« On ne touche pas au 1er mai ! », avertissent les syndicats CGT, FSU et Solidaires dans leur appel à manifester. Ce vendredi 1er mai 2026, la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs aura un goût particulier. Fêté dans 163 pays du monde, le 1er mai est dans le viseur du patronat français et d’un arc parlementaire allant du centre à l’extrême droite qui s’en prend à cette journée symbole des conquis sociaux du monde du travail.
Pour l’heure, c’est encore la seule journée obligatoirement chômée et payée en France.
Seuls les employeurs et les rares salariés « des établissements et services qui, en raison de la nature de leurs activités, ne peuvent interrompre leur travail » sont autorisés à travailler. C’est le cas dans les transports, la santé ou les industries à feu continu. Ils sont alors payés double.
Or, en avril 2025, une proposition de loi sénatoriale suggérait d’autoriser le travail le 1er mai aux salariés des boulangeries artisanales et des fleuristes, soit 1,5 million de salariés, selon les syndicats.
Alors qu’il paraissait probable que le texte puisse être adopté avant le 1er mai 2026, l’opposition de l’ensemble des syndicats de salariés et la menace du Parti socialiste de censurer le gouvernement ont poussé ce dernier à temporiser. Une victoire ? Pas totalement.
En attendant que le projet revienne sur la table – dès le 29 avril – Sébastien Lecornu a donné aux fleuristes et aux artisans boulangers l’autorisation de faire travailler leurs salariés sur la base du volontariat et en les payant double. Une autorisation ubuesque qui permet aux patrons d’enfreindre la loi en vigueur.
Aussi, les manifestations du jour mettront à l’honneur la conservation d’un 1er mai obligatoirement chômé et…
Auteur: Guillaume Bernard

