« Ô toi, voix du prisonnier
Dans cette nuit terrible »
Forough Farrokhzâd, Une autre naissance
« Comment qualifier un État qui se refonde sur le génocide, privilégiant le meurtre des enfants
— l’infanticide donc », se dit-il, tout en marchant dans le Cimetière du Liban, « doublant la falsification psychique de ses propres enfants ? »
« Un État », se dit-il, « qui élimine le reportage, bombarde les voix extérieures, alors que s’est presque tu sa dissidence ? »
« Qui sature son destin colonial », précise-t-il, « comme si aucune vague anticoloniale ne l’avait touché, jamais, au futur sec et purement seul ? »
Il pense : « Un État de fusion théo-fasciste, où la récalcitrance est rare ? »
Il ajoute : « Où le seul intérêt semble pour soi, pour le soi-« otage de l’autre », tordant la philosophie d’Emmanuel Levinas ? Où il n’y a plus d’autre, si ce n’est—paranoïa opportune—
un autre qui nous veut le Mal qu’on a portant appelé ? »
Il se dit, hésitant : « Un État-mort survivant comme corps-de-guerre, une nécrommunauté…
Qui attire la vie dans son gouffre. Qui fait de la mort le bouche-trou de sa béance éthique ».
Il ajoute, cherchant ses mots : « Et qui devrait être … aboli, aboli pour que justice soit faite.
Non pas détruit, ni ensanglanté car le sang versé appelle le sang versé, mais entièrement reconstitué—une fois reconnues ses pulsions de mort ».
Il continue : « Une fois entreprise comme une psychanalyse de masse, où les adultes s’excuseraient à genoux devant les enfants sacrifiés, leurs propres enfants et les enfants de l’autre côté ; une fois donné de quoi rendre viable et pérenne la terre de l’autre ».
Et cherche la suite : « Abolie la nécrommunauté, terme laid comme sa réalité,
pourrait venir la société des étrangères qui interdirait le meurtre du lointain, et la torture du prochain ».
Et revient sur l’histoire : « Pourrait venir une société qui ne serait plus…
Auteur: dev

