Par son graphisme épuré et le recours à des données statistiques, le site « Où va ma France ? » peut apparaître comme un simple « état des lieux » du territoire national. Mais depuis plusieurs jours, cette plateforme, également déclinée en application mobile, fait toutefois l’objet de débats sur les plans politique et juridique.
En réalité, le site repose sur une carte interactive recensant les mosquées, les hébergements pour migrants et les quartiers qualifiés de « sensibles ». Ces informations sont associées à des indicateurs portant notamment sur l’« insécurité », l’« immigration », l’« islamisation », la « défrancisation » ou le « wokisme ». Les concepteurs indiquent s’appuyer sur des données publiques, traitées selon une méthodologie qu’ils présentent comme « rigoureuse ». Cette approche suscite néanmoins des réactions contrastées au sein de la classe politique et du monde associatif.
« Un fichage dangereux »
À l’origine de la controverse, la députée écologiste Sabrina Sebaihi, qui a dénoncé lundi 5 janvier sur le réseau social X un « fichage dangereux » et annoncé avoir saisi le procureur de la République de Paris au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. « Je vous demande de fermer ce site qui met des cibles dans le dos de nos concitoyens, en particulier ceux de confession musulmane », a-t-elle interpellé le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
Au Sénat, le président…
Auteur: Emma Bador-Fritche

