C’est une information déterminante et pourtant largement négligée, le mouvement lycéen français a déjà largement débordé le cadre national. En tant qu’écho lui-même d’un soulèvement de la GenZ éparpillé dans le temps et l’espace, il est crucial d’en scruter toutes les résonances. Le 1er octobre 2026, à Liège, des jeunes qui en avaient peut-être marre de jouer aux colibris sont sortis de leurs écoles et ont allumé des feux de trottinettes et de poubelles. Ces premières lueurs ont donné le coup d’envoi d’une séquence politique dans laquelle, traversant l’espace public comme des vols d’étourneaux, les jeunes des écoles montrent qu’il est encore possible de refuser le monde comme il va (dans le mur) et d’habiter politiquement les rues et les places de la métropole.
Flashback
Une odeur de fumée a traîné dans nos narines l’été dernier. Ce n’était plus l’hallucination olfactive liée à la Covid-19, mais les forêts et les fagnes wallonnes qui (après les rivières à l’été 2021) entraient en fanfare dans l’Anthropocène. Jusque-là relégués à un ailleurs lointain, les mégafeux de la canicule ont cette fois joué à domicile. À l’ici-et-maintenant devenu apocalyptique, nos responsables politiques n’ont rien répondu – rien de décent en tout cas. Darons et daronnes sidérées et anesthésiées par la succession des désastres humains et environnementaux, comme par la morgue et la brutalité de ceux qui auraient dû en répondre, nous-mêmes n’avons rien répliqué – rien d’adéquat en tout cas. Aucune de ces répliques n’a infléchi la situation d’un iota. Le train du monde a continué d’aller comme il va, sans frein et à l’abîme. Nous sommes restés assis dans notre compartiment, dépossédés de notre capacité d’agir dans l’exacte mesure où nous étions dépossédés de notre capacité à ressentir pleinement ce que nous éprouvons – tristesse, colère ou…
Auteur: dev
