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Que l’on enseigne dans le secondaire (voire le primaire) ou dans le supérieur, nous avons toutes et tous été confronté·es à des discours institutionnels nous enjoignant à utiliser l’IA dans nos enseignements, au nom de ses vertus pédagogiques ou encore de la nécessité pour les étudiant·es de s’y former en vue de leur insertion professionnelle. Questionner ces injonctions et appeler à l’objection de conscience face à l’IAg est d’autant plus difficile que s’y ajoute souvent l’argument, paré de « bon sens », selon lequel « de toute façon, les élèves/étudiant·es l’utilisent déjà ».
Effectivement, les étudiant·es l’utilisent. Une récente étude du ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche indique que 34% d’entre elles et eux l’utilisent « de façon consciente et volontaire » quotidiennement dans le cadre de leurs enseignements, et 34% une à deux fois par semaine. Quant aux plus jeunes, une enquête des Cahiers Pédagogiquesauprès d’élèves du secondaire révèle que 79% des lycéen·nes et 59% des collégien·nes ont déjà utilisé l’IA pour leur travail scolaire.
Toutefois, cela ne constitue en aucun cas une raison valable pour en favoriser encore plus l’usage, comme le rappellent Christophe Cailleaux et Amélie Hart, enseignant·es en histoire-géographie dans le secondaire qui demandent « depuis quand des pratiques adolescentes massives devraient mener l’ensemble du système éducatif à “s’adapter” ? ». Sans reprendre ici toute leur argumentation, on peut rappeler que les deux auteur·es invoquent le principe de précaution pour conclure que « tant qu’il n’aura pas été démontré scientifiquement qu’existent des IA qui ne participent pas à la prédation et à la dévastation généralisée du monde, les IA dans un cadre scolaire doivent être réduites à leur strict minimum ».
Le…
Auteur: ATelier d’ÉCOlogie POLitique
