Ce serait du bon sens. La voiture et les places de stationnement seraient « essentielles aux artisans et aux commerces ». C’est l’avis du candidat (centre-droit) à la mairie de Bordeaux Philippe Dessertine. C’est aussi ce que pense Rachida Dati, candidate (LR) à la mairie de Paris, pour qui limiter la circulation en voiture « tue les commerces ».
L’idée que les voitures et les stationnements sont nécessaires au business des centre-villes est en effet une fausse croyance, un mythe, largement démenti par les faits. Car en matière de commerce comme dans beaucoup d’autres, l’intérêt général écologique converge avec l’intérêt économique des commerces locaux.
La même musique se diffuse aussi dans beaucoup de villes moyennes, dont Lannion, Saint-Etienne, Colmar, Bourges,Agen ou la petite Pertuis. La difficulté de circuler en voiture ou de se garer serait l’unique coupable du déclin commercial. Le narratif est pratique mais se heurte à un petit problème : la réalité des chiffres.
Le biais du pare-brise : pourquoi tant de commerçants s’accrochent aux voitures
Il faut d’abord savoir qu’en centre-ville, la majorité des clients sont des piétons.
A Paris, n’en déplaise à Rachida Dati (qui tient tellement à cette idée qu’elle prétend que ce serait la « fermeture » de la rue de Rivoli aux voitures qui aurait mis le BHV en difficulté au point de le contraindre à un partenariat avec l’enseigne Shein !), les consommateurs se déplacent en transport en commun (48%), à pied (40%) ou un peu à vélo (7%) mais très rarement en voiture (3%).
Dans les grandes villes (+de 100 000 habitants), d’après une étude du Cerema, 64% des clients des commerces de centre-ville vont à pied, 24% en voiture et 10% en transport collectif.
Dans les villes moyennes (10 000 à 100 000 habitants), selon la même étude, la part des clients venus en voiture est de 50%, à égalité avec ceux venus à…
Auteur: Thibaut Schepman

