Le mode opératoire de la pub : des émotions pour empêcher toute réflexion
Le livre de Laurence Defranoux est, en majeure partie, un baratin qui ne s’adresse ni à la raison du lecteur, ni à son bon sens. Au lieu de preuves vérifiables (et donc réfutables), il mise sur les émotions fortes suscitées par une avalanche de « témoignages » non sourcés et jamais questionnés, un langage outrancier souvent vague, et l’évocation d’idées reçues, d’appréhensions et d’images anxiogènes ancrées dans le subconscient du lecteur.
Que veut dire au juste l’affirmation du titre que le « peuple Ouïghour » aurait été « sacrifié » ? Dans le cadre de quel rituel, pour expier les péchés de qui ? Quand, dans la préface, Glucksmann parle de la « nuit dans laquelle un peuple, sa culture et son histoire étaient appelés à disparaître », est-ce dire qu’il n’y aurait plus de Ouïghours au Xinjiang ? Pas même ceux que l’on voit dans cette vidéo mise récemment sur YouTube par une jeune Américaine sinophone qui y a accompagné son fiancé ouïghour pour rencontrer sa famille ? (1)
Quand Glucksmann déplore la « déportation du peuple ouïghour », est-ce que la réalité sur le terrain correspond à cet enfumage ? Est-ce que les Ouïghours ont été « déportés » collectivement (vers où ?) ou sont-ils portés « disparus » ?
Les titres de chapitres ou les intertitres parlent d’eux-mêmes. Ils nous suggèrent que la Chine est une terrible « dystopie » : « Sous Mao, le règne de la terreur », « Invasion militaire et spoliation », « Une terre de goulag et de famine », « Des mosquées transformées en porcheries », « ‘On s’est dit que les Ouïghours comptaient moins que les pandas’ », « Ordre de tirer sur tout suspect », « Le long bras de la police chinoise autour de la terre », « Le massacre de Ghulja », « L’enchaînement infernal », « Jardins d’enfants et…
Auteur: Albert ETTINGER

