La manière de regarder la Chine de Madame Defranoux est semblable à celle d’une borgne souffrant de surcroît de myopie et de daltonisme. Sa vue altérée peut s’expliquer en partie par son anticommunisme primaire. Une de ses consœurs (bien plus douée et bien plus honnête qu’elle) n’a-t-elle pas déjà remarqué il y a plusieurs années que ses collègues au sein de médias réputés « de gauche » devaient leur piètre culture politique à l’infâme Livre noir du communisme ?
Defranoux fait flèche de tout bois pour attaquer la Chine
C’est assurément le cas de Laurence Defranoux qui s’évertue à brosser de la Chine communiste un tableau tout en noir, à commencer par le portrait en vitriol de ses dirigeants. Mao Zedong, toujours vénéré dans son pays pour l’avoir libéré de l’ancien régime semi-colonial et semi-féodal, n’est à ses yeux que le « responsable de plus de 36 millions de morts. » (1) Quant à Xi Jinping, non contente de le dénigrer comme un « pur produit du système » (ce qui ne vaut certainement pas pour les Macron, Bayrou ou Cahuzac, ni pour les Trump, Biden ou Musk quant à leurs systèmes respectifs), elle va jusqu’à insinuer qu’il est corrompu et motivé par la recherche du gain : « … son clan familial a accumulé une fortune colossale », affirme-t-elle en citant comme référence un article de Bloomberg du 29 juin 2012. Il s’agit ici d’un parfait exemple qui laisse apparaître la manière de Madame de sourcer ses affirmations. Car ce reportage de Bloomberg indique plutôt le contraire de ce qu’elle insinue : s’il est vrai que des membres de la « famille éloignée » de Xi Jinping « possèdent des propriétés de luxe à Hong Kong et des investissements de plusieurs millions de dollars dans des entreprises », en revanche « aucun actif n’a été attribué à Xi, à sa femme ou à leur fille. » L’article de Bloomberg ajoute qu’il n’y a « aucune indication…
Auteur: Albert ETTINGER

