Le procès de l’ex-maire de Canteleu (Seine-Maritime) Mélanie Boulanger, jugée avec 18 autres prévenus pour un vaste trafic de drogue, s’est ouvert lundi pour un mois devant le tribunal correctionnel de Bobigny, un dossier éclairant sur l’emprise du deal à l’échelle d’une petite commune.
Fruit de deux ans d’enquête, le tentaculaire dossier Canteleu, commune populaire de 14.000 habitants de l’agglomération de Rouen, illustre l’enracinement et la puissance grandissants des narcotrafics dans des villes de petite et moyenne tailles en France, un phénomène dont s’inquiétait ce mois-ci encore un rapport du Sénat.
Veste blanche sur tenue noire, carré blond et lunettes rondes, l’ancienne maire de 47 ans, poursuivie pour complicité de trafic de drogue, est arrivée au tribunal de Bobigny le visage fermé, sans faire de déclaration à la presse. Elle s’est installée dans la salle à l’écart des autres prévenus.
À la lecture des chefs de prévention la visant, elle a d’une voix forte à nouveau démenti les faits: « Je les réfute ». Le président Jean-Baptiste Acchiardi l’a ensuite envoyée s’asseoir sur les bancs des trafiquants présumés. Ce qu’elle a fait à contrecoeur.
« Ma cliente attend que la justice lui soit rendue, que son honneur lui soit rendu. Cela fait des mois que son nom est jeté à la vindicte et en pâture au mépris de la présomption d’innocence », a déclaré aux nombreux journalistes son avocat, Me Arnaud de Saint-Rémy.
Des avocats de la défense ont demandé le renvoi du procès ou l’ajournement de l’audience le temps de purger des pourvois en cassation. Le tribunal s’est retiré pour délibérer vers midi et rendra sa décision à 14H00.
Aux côté de l’ancienne maire, la 13e chambre du tribunal de Bobigny juge pendant un mois les principaux acteurs présumés…
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Auteur: AFP

