Si l’enjeu politique est moindre depuis sa sévère défaite aux municipales à Paris face au socialiste Emmanuel Grégoire, Rachida Dati joue malgré tout devant ses juges son mandat de maire du 7e arrondissement de la capitale car elle encourt cinq ans d’inéligibilité ainsi que 10 ans d’emprisonnement pour corruption passive et 450 000 euros d’amende pour recel. Soupçonnée d’avoir noué un pacte de corruption et illégalement fait du lobbying au Parlement européen, l’ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy est accusée d’avoir touché 900 000 euros entre 2010 et 2012 du constructeur Carlos Ghosn alors qu’elle était eurodéputée. Par conséquent, elle est suspectée d’avoir illégalement pratiqué du lobbying au Parlement européen pour le compte de Renault-Nissan entre octobre 2009 et février 2013.
L’ex-ministre de la Culture d’Emmanuel Macron dément ces accusations et soutient n’avoir fait qu’un travail d’avocate, légalement compatible avec sa fonction d’élue.
Une affaire qui remonte à 2019
Tout commence en 2018, lorsque Carlos Ghosn, à l’époque PDG de Renault, est arrêté au Japon. Cela déclenche une série de vérifications et d’audits internes au sein du groupe automobile français. Une première enquête est ouverte au parquet de Nanterre en février 2019. A peine deux mois plus tard, une actionnaire de Renault dépose au Parquet national financier une plainte pour corruption, abus de biens…
Auteur: Chiara Carbonnet
