Après sept mois d’attente, les opposants au contournement routier de Saint-Péray, en Ardèche, ont eu accès à un document crucial : le diagnostic amiante du lieu-dit Le Nichoir, sur le tracé des travaux de la route départementale 86. Réalisé en juillet 2024, ce rapport prouve que Jacques Dubay, maire (UDI) de la commune jusqu’en janvier et président de la Communauté de communes Rhône Crussol (CCRC), était au courant de la présence des fibres toxiques dans les bâtiments détruits. Et donc de l’exposition des travailleurs à l’amiante lors du chantier, trois mois plus tard. « Aucun salarié n’a été exposé à l’amiante », jurait alors pourtant l’élu à Reporterre.
Ce diagnostic avait été demandé dès octobre 2024 par l’association Alterre à la CCRC, commanditaire de ces travaux, pour lesquels aucun salarié présent sur le site n’était équipé de protection contre l’amiante. Malgré un avis favorable de la commission d’accès aux documents administratifs, la collectivité n’a jamais transmis le diagnostic. C’est finalement la préfète de l’Ardèche, saisie elle aussi par Alterre, qui a fait acte de transparence.
Une plainte déposée
Selon les informations de Reporterre, un salarié exposé à l’amiante a porté plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui par violation manifestement délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence ». Cette plainte est déposée contre X, mais « la CCRC, étant le donneur d’ordre et ayant la maîtrise d’ouvrage, porte en théorie la responsabilité », précise le plaignant.
Selon Alterre, le diagnostic démontre le « scandale sanitaire, environnemental et démocratique qui entoure ce projet routier ». L’association demande « la décontamination du site, le traitement en règle des déchets amiantés, l’information et…
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