10 milliards d’euros, c’est le montant demandé pour financer un plan d’urgence en 10 mesures pour sauver l’éducation. Lancé le 5 octobre par l’Union étudiante et l’Union syndicale lycéenne, ce plan prolonge un mouvement né le 21 septembre à Créteil et étendu depuis à toute la France.
Au programme : rénovation du bâti scolaire délabré, un statut pour les AESH, la création de 250 000 places dans le supérieur, l’embauche massive de personnels, la fin de la sélection via Parcoursup, la revalorisation des bourses, le gel des loyers Crous et la fin des violences policières contre le mouvement.
Reste une question : où trouver l’argent ? C’est là qu’Oxfam entre en jeu avec son chiffre choc : 2 %. Seulement 2 % de la fortune des milliardaires suffiraient à combler ce manque à gagner.
Le chiffre n’est pas tombé du ciel. Dans son rapport de janvier 2023, Oxfam France estimait déjà que 2 % de la fortune des milliardaires suffiraient à financer le déficit prévisionnel des retraites. Depuis 2020, la fortune des milliardaires français a gonflé de plus de 200 milliards d’euros, soit 58 % de hausse. Avec près de 1 000 milliards d’euros de patrimoine cumulé pour 147 milliardaires en 2024, 2% représenteraient environ 20 milliards. Le double du plan lycéen.
« Bernard Arnault, l’école a besoin de tes impôts », pouvait-on lire sur une pancarte de manifestation.
Mais Bernard Arnault n’aime qu’une seule école, la sienne. Le milliardaire français vient de faire un don de 50 millions d’euros à Polytechnique pour la construction d’un Institut de mathématiques et des sciences fondamentales sur son campus de Palaiseau (Essonne).
Alors que le budget arrive au Sénat, le sénateur communiste de Paris Ian Brossat a lancé : « Est-ce qu’on ne peut pas considérer qu’avec la crise qu’on connaît, on a besoin de mettre à contribution un peu plus les grandes entreprises ? » Une question posée dans…
Auteur: Axel Guerillot
