Début mars, L’Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM) et l’Assurance-maladie annonçaient une « surveillance renforcée » sur un antidiabétique : l’Ozempic. Or, ce médicament est plébiscité sur le réseau social TikTok, mais pour un autre usage… maigrir. Y a-t-il un usage détourné ? Et quels en sont les risques réels ?
Il importe de savoir, déjà, de quoi l’on parle. L’Ozempic est le nom commercial du sémaglutide. C’est un agent de la classe des analogues du GLP-1 (glucagon-like peptide 1) utilisé pour le traitement du diabète de type 2, le diabète de loin le plus fréquent et qui est fortement lié à l’obésité.
Il est commercialisé sous la forme de seringues préremplies contenant quatre doses, de façon à atteindre progressivement 1 mg afin de réduire le risque d’intolérance gastro-intestinale.
Outre son effet antidiabétique puissant, le sémaglutide réduit effectivement le poids de façon significative. Raison pour laquelle il a été testé dans l’obésité par son fabricant, Novo Nordisk, à une dose supérieure : 2,4 mg.
Les analogues du GLP-1 offrent aussi une protection cardiovasculaire importante dans le diabète. Ceci est à souligner car le pronostic du diabète, et dans une grande mesure celui de l’obésité sévère, tient surtout à un risque cardiovasculaire accru. On comprend dès lors que la prescription est faite dans le diabète pour la longue durée ; elle ne sera révisée au fil de l’évolution qu’au cas par cas.
Une perte de poids, vraiment ?
Les analogues du GLP-1 réduisent généralement le poids (mais pas toujours) en ralentissant la vidange gastrique et en régulant la satiété, sans qu’il s’agisse pour autant d’un « coupe-faim ». S’agissant du sémaglutide/Ozempic, plusieurs études ont été réalisées dans l’obésité et à différents dosages.
Une première a comparé l’effet sur le poids de différentes doses en administration quotidienne comparativement un placebo. À un an, les doses de 0,05 mg, 0,1 mg, 0,2 mg, 0,3 mg et 0,4 mg ont provoqué respectivement des pertes de poids de 6,0 % (-6,7 kg), 8,6 % (-9,3 kg), 11,6 % (-12,3 kg), 11,2 % (-12,5 kg), et 13,8 % (-15,1 kg). La perte pondérale est donc clairement dose-dépendante.
À la dose cette fois hebdomadaire et unique de 2,4 mg, une étude a observé au terme de 68 semaines de traitement une perte pondérale moyenne de 15 % (15 kg), contre…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Jean-Daniel Lalau, Professeur de nutrition, CHU d’Amiens – service d’endocrinologie-diabétologie-nutrition, Université de Picardie Jules Verne (UPJV)

