Pas plus que le 7 octobre 2023 ne fut le début de l’histoire, le 13 octobre 2025 n’en sera la fin. Peut-être, est-ce une page qui se tourne dans ce livre trop lourd relatant cette guerre coloniale vieille d’au moins sept décennies, mais le bonheur immense des familles israéliennes et palestiniennes retrouvant leurs proches ne nous dit rien de la suite. Tout juste à cet instant, l’intime s’est émancipé de l’histoire. Mais les fondamentaux du conflit demeurent. Une partie du territoire palestinien est anéantie, l’autre, la Cisjordanie, ouverte plus que jamais à la violence et à la rapine de colons fanatiques. Ce n’est pas un nouveau récit qui se construit, c’est le même qui se perpétue.
Tout en sommant les Palestiniens de « renoncer au terrorisme », on leur interdit les voies pacifiques.
Donald Trump et Benyamin Netanyahou ont dit aux Palestiniens : « Voyez ce qu’il en coûte de se révolter. » Une fois le message passé, au prix de plus de 67 000 morts, de toute une société dévastée, de milliers d’enfants mutilés, les dirigeants israéliens peuvent reprendre le fil de l’histoire coloniale inaugurée en avril 1948 par ce que les Arabes ont appelé la Nakba, la catastrophe qui a poussé 700 000 Palestiniens à l’exil. Le discours de Donald Trump, devant un parterre de chefs d’État au garde-à-vous, tenait de l’ardoise magique. On efface le génocide et on reprend comme avant. À Gaza, on va gouverner un champ de ruines, en présence ou non de ses habitants, dont on se demande comment ils vont survivre. Et en Cisjordanie, feu vert à la colonisation.
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Auteur: Denis Sieffert

