Des nuages de cendres occultent le ciel. Les flammes ravagent les bâtiments d’où les sauveteurs de la défense civile tentent d’extraire les vivants et les morts. Un déluge de bombes dévore les nuits, anéantit les jours. Plus de 1,3 million de Palestiniens, sur les 2,3 millions de Gazaouis, s’entassaient depuis octobre à Rafah, la ville frontalière avec l’Égypte, cherchant un refuge inexistant après la désagrégation de leurs quartiers au nord et au centre de la bande de Gaza. En une dizaine de jours, après que les forces d’occupation israéliennes ont ordonné aux Palestiniens d’évacuer Rafah, le 6 mai, quelque 800 000 d’entre eux sont partis à nouveau.
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À pied, ou avec des charrettes, parfois une voiture ou un camion, empilant des couvertures et de rares souvenirs sauvés de la destruction et d’une succession d’exodes intérieurs forcés. Certains se sont dirigés vers Al-Mawasi à quelques kilomètres. Tout y manque, la nourriture, l’eau potable, l’électricité… D’autres sont revenus dans les ruines de ce qui fut leur vie. Beaucoup, alertent les agences des Nations unies, sont trop faibles pour marcher. La famine à grande échelle qui sévit au nord s’est propagée au sud. Le 18, les réfugiés à Jabaliya recevaient à leur tour l’ordre d’évacuer tandis que la ville-camp de Nusseirat, au centre de l’enclave, ou la ville de Gaza, au nord, subissaient aussi le feu des bombes.
Plus de 35 000 morts
En avril déjà, l’ONU comptait 19 000 enfants orphelins. Mi-mai, elle comptabilisait plus de 35 000 morts dans la bande de Gaza en un peu plus de sept mois. 25 000 corps avaient été identifiés. À 40 % des hommes, à 20 % des femmes, à 32 % des enfants, et à 8 % des personnes âgées…
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Auteur: Isabelle Avran

