Il aura donc « coupé la poire en deux », renvoyant le Hamas et Israël, dos à dos. Ce n’est d’ailleurs même pas tout à fait le cas puisque tous les responsables militaires de l’armée israélienne, dont le chef d’Etat major, directement responsables de crimes de masse, n’ont pas été cités. Karim Khan n’a-t-il pas eu le courage, ou l’audace, de dire, comme l’a fait la Cour internationale de justice, qu’il y a un risque de génocide à Gaza et d’en rendre responsable totalement les autorités israéliennes ?
Et pourtant, malgré tout cela, quelle victoire pour la cause palestinienne ! Même si le Hamas proteste, et il a bien fait de le faire, contre le fait de mettre ainsi sur le même pied agresseur et agressé. C’est un tournant car c’est la première fois qu’Israël est dénoncé par la justice internationale. Jusqu’à présent, il était assuré de l’impunité totale quoi qu’il fasse.
On connait l’histoire du jugement de Salomon. Deux mères se disputaient pour la maternité d’un enfant ; Elles demandèrent à Salomon de juger cette question. Salomon trancha en décidant de partager l’enfant vivant en deux moitiés, une pour chacune des deux mères. La vraie mère alors supplia que l’enfant soit épargné et déclara, pour cela, qu’elle renonçait à lui, l’essentiel étant qu’il vive. Elle prouvait du même coup qu’elle était la vraie mère de l’enfant. Il en est de même pour la décision du procureur de la CPI. Comme dans le jugement de Salomon, cette décision est apparemment injuste : elle renvoie les protagonistes dos à dos, la vraie mère de la Palestine et sa fausse mère. Mais le simple fait de considérer au même niveau Israël et une organisation palestinienne est en soi un grand changement. C’est pourquoi, au final, ce sont les Palestiniens, et avec eux l’immense majorité du monde, qui sont contents de la décision, parce qu’ils veulent avant tout que la Palestine vive, et…
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Auteur: Djamel LABIDI

