L’Union syndicale Solidaires a envoyé une délégation en Cisjordanie à la fin du mois de janvier 2026, délégation qui a rencontré de nombreux acteurs et actrices du monde syndical et du travail.
Ce n’était pas la première fois, deux autres délégations syndicales avaient été organisées en 2016 et 2019 dans le même esprit. Elle visait cette fois-ci à documenter et témoigner des conditions de travail sous occupation, à rendre compte des différentes formes de domination exercées sur les travailleurs et travailleuses palestiniens, et à contribuer au renforcement des solidarités internationales dans le monde du travail, particulièrement attendues depuis le 7 octobre 2023.
Le constat d’une dégradation de la situation économique et sociale
Le durcissement de la colonisation a directement contribué à la dégradation de la situation économique en Cisjordanie. Et l’étranglement de l’économie palestinienne auquel on assiste est lui-même un élément qui vise à renforcer la domination d’Israël. L’emploi et les ressources qu’il assure sont fortement touchés.
Les emplois palestiniens en Israël [Palestine 48] sont remis en cause par la suppression des permis de travail qui autorisent le passage du mur de séparation. Le nombre de permis accordé est ainsi passé de 170 000 avant le 7 octobre à 10 000 aujourd’hui. 30 000 personnes travailleraient de manière illégale en Israël selon le Democratic and Workers Right Center. Le franchissement illégal du mur, motivé par la nécessité de travailler, expose à de nombreux risques : blessures, handicaps, arrestations, voire assassinats lors d’interventions de la police israélienne. Des vidéos en nombre circulent sur ces passages ratés.
Certes, le système des permis a été fortement critiqué – comme le soulignait un syndicaliste de l’Union des chômeurs dans un entretien paru dans la Revue internationale de Solidaires – puisqu’il…
Auteur: romain romain

