Dans la soirée du 5 janvier, une cinquantaine d’ostréiculteurs a manifesté devant les bureaux du journal Midi Libre, à Saint-Jean-de-Védas (Hérault), en brûlant des palettes et des pneus, bloquant tous les accès au bâtiment. La raison de leur colère : le média local avait relayé dans ses colonnes l’interdiction de vendre des coquillages du bassin de Thau.
Cette décision, prise par la préfecture de l’Hérault le 30 décembre, faisait suite à des intempéries. Des eaux usées s’étaient déversées dans la lagune, rendant dangereuse la consommation d’huîtres et de moules récoltées après le 19 décembre. Celle-ci a donc été déclarée interdite à la veille du Nouvel An, alors que la période des fêtes de fin d’année est l’une des plus importantes pour les ostréiculteurs.
« Une atteinte injustifiable à la liberté de la presse »
« Rappeler l’interdiction sanitaire de consommer des huîtres du bassin de Thau n’est pas une opinion, c’est un devoir d’information et de santé publique », a écrit Olivier Marino, directeur de la rédaction, dénonçant « une atteinte injustifiable à la liberté de la presse ».
La rédaction de Midi Libre affirme que les manifestants ont insulté les salariés présents, et les ont menacés de représailles. « À quoi devons-nous nous attendre demain ? Au passage à tabac d’un journaliste pour une information qui « déplaît » ? Nous tenons à l’affirmer haut et fort : « Midi Libre » ne cédera rien. Informer n’est pas une option, c’est un rempart démocratique qui doit être plus que jamais soutenu, protégé et défendu par le plus grand nombre », a encore écrit Olivier Marino.
Les ostréiculteurs ont été délogés par les gendarmes après plusieurs heures de blocage.
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