Notre espèce n’a pas qu’un seul berceau, c’est aujourd’hui largement démontré par la communauté scientifique. L’Homo sapiens serait apparu en plusieurs points du continent africain, au sein de petits groupes, environ 300 000 ans avant notre ère. Jusqu’ici, les explications de la répartition des populations mettaient surtout en avant le rôle du climat. Une nouvelle étude, publiée mercredi 22 avril dans la revue américaine Science Advances, montre que les maladies ont aussi influencé les déplacements, en particulier le paludisme.
Cette publication a été dévoilée quelques jours avant la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, ce samedi 25 avril. Cette maladie infectieuse reste l’une des plus répandue à travers le monde, avec 282 millions de cas et 610 000 décès comptabilisés en 2024 par l’OMS.
De précédentes études avaient déjà montré que le plasmodium (le parasite responsable du paludisme et transmis par certains moustiques) affecte les êtres humains depuis l’ère du Pléistocène, il y a plus de 50 000 ans. Il aurait été un agent pathogène depuis le début de l’histoire de l’espèce humaine. La nouvelle étude vient prouver qu’il a aussi joué un grand rôle sur l’habitat des premiers homo sapiens.
Paludisme et migrations
L’étude a reconstitué les habitats des moustiques porteurs du parasite ainsi que ceux des premiers groupes d’humains à travers l’Afrique subsaharienne entre 74 000 et 5 000 ans avant notre ère. Les chercheurs ont calculé un « indice de stabilité » du paludisme, qui permet de mesurer à quel point un territoire était particulièrement propice à sa diffusion s’il y était introduit.
Les zones les plus risquées étaient principalement situées dans les régions tropicales et subtropicales, en particulier dans l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Les changements de végétation, comme le passage de la…
Auteur: Zoé Fraslin

