Le solaire brille enfin sur la France : 5 gigawatts (GW) de puissance photovoltaïque ont été installés en 2024, année où, pour la première fois, la production d’électricité solaire a dépassé celle des fossiles. Il était donc urgent pour le gouvernement de saborder cela. Après une rapide consultation cet hiver, le ministre de l’Énergie, Marc Ferracci, a décidé de « rationaliser » les aides à l’installation de panneaux solaires sur les petites toitures (maisons, immeubles, etc.) et moyennes toitures (gymnases, écoles, hangars agricoles, etc.).
Une annonce concrétisée le 12 février dans la dernière mouture du projet d’arrêté tarifaire pour le solaire sur les bâtiments, dont la signature est attendue dans les prochains jours. « Nous ne reculons pas, nous structurons les aides », a assuré sans ironie Marc Ferracci, en vue d’un « développement plus efficace et mieux ciblé ».
Les petites structures ciblées
L’arrêté remet en cause une bonne partie des projets. En premier : le petit photovoltaïque. Fini de se prendre pour un petit producteur d’électricité locale, la revente totale de l’électricité pour de nouvelles installations de puissance inférieure à 9 kilowatts-crête (kWc) ne sera plus du tout soutenue.
Reste donc « l’autoconsommation avec injection de surplus » : l’usager installe des panneaux, consomme une partie de l’électricité produite et revend l’électricité non utilisée à EDF. Depuis 2017, l’État soutenait son développement avec une prime à l’installation. Mais depuis trois ans, la prime diminue continuellement. Elle devrait bientôt être divisée par trois avant de potentiellement disparaître d’ici fin 2025. En échange, le gouvernement propose une baisse de la TVA de 10 à 5,5 % pour ces petits chantiers. Quant au tarif d’achat des surplus, il diminue de 70 %, fixé désormais à 4 centimes par kWh produit.
Deuxième dommage : cette…
Auteur: Elsa Souchay

